C'est ton jour, et par conséquent le mien. Je me sens dirigée dans ce trou noir, ce trou à rats, ce trou vide, plein de lenteur, plein de pleurs, plein de malheur. On y retrouve toutes tes adorables créations. Il est plein à ras bord, saturé de "je n'en peux plus". On m'y dirige, ces clowns me regardent avec leur visage charmeur au sourire rouge et farceur, aux dents bien aiguisées et aux yeux scruteurs. Il y en a un, il y en a deux, il y en a cent. Cent misérables arnaqueurs, qui font mine de s'épanouir, mais ils ne font pas mieux que mourir, tranquillement, lentement, patiemment. C'est leur profession.
J'avance au même rythme lent, les cris qui m'entourent sont assourdissants. Ils sont pourtant silencieux, je les entends tout de même, peut-être rôdent-ils dans ma tête. Je n'aperçois pas la fin du couloir. Mes pas s'enchaînent, ils sont devenus incontrôlables, suivant leur désespoir, cette histoire courte qui se répète sans fin entre ces pantins, jour après jour, mois après mois, après trente ans. Pourtant ils continuent, je les regarde, je les vois se battre comme des chiens, se noyer dans leur propre eau sale. Je les laisse faire, car ils savent se débattre mais ne le font pas. J'en ai assez. J'avance par millimètres vers le plus laid, le plus sale, le plus misérable, le plus clochard et le plus coupable des clowns. Toi. Mais je ne veux plus te voir, tu es de l'acide pour mes yeux. Et pourtant, ce trou d'où tu ressors, cet abbatoire vers lequel on me guide te reviens, il n'est pas à moi.
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