Tout comme ça allait si bien, cette façon qu'avaient les fleurs de se mettre en valeur, elles tendaient si fièrement leur beauté vers le ciel qu'elles semblaient vouloir s'arracher du sol.
Cette façon que tout était si merveilleusement éclairé, cette façon qu'ils avaient tous, ces bonnes gens et gentes dames, de bien chanter. Tant d'élégance, costumes et coiffures semblaient superflus comparé à leurs beaux visages. Ils dansaient tous, tout s'emboîtait avec perfection, cette foule de belles personnes me rendait le sourire, je dansais avec eux. La puissance. Et sous le rose qui voyageait dans l'air de la pièce, sous cette trame sonore de bien-être, un couple s'est effondré. C'était le plus jeune, un de ceux-là, bien trop fragiles. Un couple dont les pas n'étaient pas stables, un couple mal choisi. Il n'y a pas eu qu'eux, tout s'est effondré, le rose est tombé au sol, les lumières ont cessé d'éblouir, le plus beau vase de fleurs s'est fracassé sur le plancher de danse. Tout tombait, tout pleuvait, les maquillages coulaient et les chapeaux fuyaient.
Mais je demeurais debout, rien ne m'atteignait, et cette étrange peur que le tout soit contagieux m'a enveloppé les pensées. Ce mal, ils se l'échangeaient à deux, ils le savaient présent et n'ont même pas cessé. Ils n'ont pas été forts, je les croyais ainsi, je les croyais bons danseurs. Pourquoi commencer si on prévoit déjà la fin? Comment se fait-il que leur fil à eux ait été si mince, pourquoi n'ont-ils rien vu venir, pourquoi n'y ont-il pas songé un instant? Je n'y ai pas songé non plus. Car pour moi, je n'en ressentais aucunement le besoin. Mais j'ignore pourquoi, je me tiens, je suis encore debout, avec force. Et tout s'écroule. Tout et tous.
vendredi 26 juin 2009
mardi 16 juin 2009
Saleté de Clown, ton maquillage coule
C'est ton jour, et par conséquent le mien. Je me sens dirigée dans ce trou noir, ce trou à rats, ce trou vide, plein de lenteur, plein de pleurs, plein de malheur. On y retrouve toutes tes adorables créations. Il est plein à ras bord, saturé de "je n'en peux plus". On m'y dirige, ces clowns me regardent avec leur visage charmeur au sourire rouge et farceur, aux dents bien aiguisées et aux yeux scruteurs. Il y en a un, il y en a deux, il y en a cent. Cent misérables arnaqueurs, qui font mine de s'épanouir, mais ils ne font pas mieux que mourir, tranquillement, lentement, patiemment. C'est leur profession.
J'avance au même rythme lent, les cris qui m'entourent sont assourdissants. Ils sont pourtant silencieux, je les entends tout de même, peut-être rôdent-ils dans ma tête. Je n'aperçois pas la fin du couloir. Mes pas s'enchaînent, ils sont devenus incontrôlables, suivant leur désespoir, cette histoire courte qui se répète sans fin entre ces pantins, jour après jour, mois après mois, après trente ans. Pourtant ils continuent, je les regarde, je les vois se battre comme des chiens, se noyer dans leur propre eau sale. Je les laisse faire, car ils savent se débattre mais ne le font pas. J'en ai assez. J'avance par millimètres vers le plus laid, le plus sale, le plus misérable, le plus clochard et le plus coupable des clowns. Toi. Mais je ne veux plus te voir, tu es de l'acide pour mes yeux. Et pourtant, ce trou d'où tu ressors, cet abbatoire vers lequel on me guide te reviens, il n'est pas à moi.
J'avance au même rythme lent, les cris qui m'entourent sont assourdissants. Ils sont pourtant silencieux, je les entends tout de même, peut-être rôdent-ils dans ma tête. Je n'aperçois pas la fin du couloir. Mes pas s'enchaînent, ils sont devenus incontrôlables, suivant leur désespoir, cette histoire courte qui se répète sans fin entre ces pantins, jour après jour, mois après mois, après trente ans. Pourtant ils continuent, je les regarde, je les vois se battre comme des chiens, se noyer dans leur propre eau sale. Je les laisse faire, car ils savent se débattre mais ne le font pas. J'en ai assez. J'avance par millimètres vers le plus laid, le plus sale, le plus misérable, le plus clochard et le plus coupable des clowns. Toi. Mais je ne veux plus te voir, tu es de l'acide pour mes yeux. Et pourtant, ce trou d'où tu ressors, cet abbatoire vers lequel on me guide te reviens, il n'est pas à moi.
samedi 6 juin 2009
Te faut-il un titre
Imposteur, imposteur, répétition, tu mérites cette répétition, cette résonnance dans le creux de tes tympans. Des plans, des plans, des stratèges et stratagèmes et stratégies t'on rempli le coeur de fausses pistes, de fausses idées. Tes veines roulent le désespoir et la tristesse, un chagrin que tu t'es créé toi-même, un malheur que personne ne t'aurait souhaité si tu ne t'étais pas rendu aussi loin. Je retournerais dans le temps pour toi, avec toi, rembobinerais les engrenages rouillés pour te montrer la réalité que tu as refusé de voir. Tu t'es créé un monde bien fantastique, bien irréel, quel pouvoir de fiction, j'en bave. Mais ton imaginaire n'était pas rempli de rose avec une trame sonore douce, elle était trempée dans le rouge bourgogne avec un musicien d'orgue comme vedette. Tu sembles pourtant avoir réussi malgré tout à devenir le centre gravitationnel d'un entourage bien naïf et patient. Sous cette absence de lucidité qui aurait du se manifester il y a bien longtemps, tes astres se morfondront tout de même en compagnie de la balade, où un ensemble de petits instruments mignons et agréables pour l'oreille viendront peindre ta carcasse pour lui faire don des couleurs que tu n'as eu qu'à ton âge infantile, lorsque tu étais un Saint. Ces astres n'oublieront pas, malgré tout, l'aspect imposteur que tu as. Imposteur stratégique, stratégies imposteures.
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