Je croyais mes yeux ouverts, mais je sais qu'ils ne l'étaient pas, car tout ici a changé. Il y a un instant de cela, mon corps buvait la chaleur et le confort d'un nuage. Maintenant, il se trouve sous le choc doux de l'air froid, ou frais, je ne sais pas. Frais je dirais, si je me fie à ce que je vois.
Quelle merveille, quelle beauté. Ce n'est pas grand chose, je le sais, mais celui ou celle qui l'a conçue savait et aimait ce qu'il ou elle faisait. Je lève ma tête vers le plafond et je vois le plus beau plafond que je n'ai jamais vu. Il laisse passer discrètement la lumière par ses fenêtres, entourées de magnifiques fleurs dans les tons de rouge et bleu. Cette lumière est plutôt celle d'un ciel triste, vieux, calme, et endormi, mais peu importe, cet endroit est merveilleux.
samedi 19 décembre 2009
vendredi 4 décembre 2009
Un souffle de moins
- Tu es venu à mes funérailles!
- Bien sûr, voyons! Je me suis dit que je te le devais bien, après toutes ces années partagées avec toi.
- J’ai vu, la rue est pleine de voitures stationnées et de gens bien habillés. Et eux, qui sont-ils?
- Je les ai invités, pour souligner cet événement qui n’en est pas des plus réjouissants. C’est par signe de respect pour toi, je crois bien. Je tenais à ce que les gens qui comptent pour moi soient présents pour quelqu’un d’autant plus important à mes yeux.
- Ils sont nombreux! Mais comment se fait-il que je ne les ai pas vus plus tôt?
- Je ne sais pas, les circonstances ne l’ont pas permis. Ils ont des femmes, des maris, des enfants, des emplois…
- Ah bon, alors, s’ils ont trouvé le moyen de venir aujourd’hui, c’est qu’ils ont tous perdu leurs femmes, leurs maris, et leurs enfants en même temps?
- Mais non, et bien… comprends-tu, cette journée nous marque tous, bien plus que les autres. On a perdu quelqu’un de cher, ça va de soi qu’ils soient présents pour toi.
- Et ils se sentent bien? Je veux dire, ils ont tout ce qu’il faut? Boisson, nourriture… ça m’a l’air assez bien organisé, non?
- Oui oui, ne t’en fais pas, ils semblent être bien à l’aise, ils discutent entre eux, regarde-les, ils n’ont pas l’air si mal. Les tiens sont dévastés, par contre…
- Ils s’en remettront. Et elle, qui reste près de toi, c’est qui?
- Ah, elle, c’est ma copine. C’est depuis que je suis tout petit, depuis le primaire, que je la connais.
- Elle m’a l’air bien sympathique. Mais je ne savais pas que tu avais une copine. Comment se fait-il que tu ne me l’aies jamais présentée?
- Son travail est bien chargé, moi-même je n’ai pas l’occasion de la voir bien souvent. Elle travaillait en France, elle est une très bonne avocate. Elle n’avait même pas le temps pour un homme, tellement son travail la préoccupait! Mais toi, comment te sens-tu, maintenant?
- J’ose croire que je vais bien. Ma vie s’est écoulée, comme il se devait. Elle a fait son temps, et sa fin n’a pas été une surprise effrayante pour moi. J’apprécie encore en ce moment tout ce que j’ai eu la chance d’avoir, bien que je trouvais parfois que ce n’était pas assez. Comme tant de gens que je vais rencontrer là où je vais, tellement de choses se bousculent dans ma tête. Des choses que j’ai oublié de dire, des choses que j’aurais voulu faire… peu importe. J’ai bien vécu. On célèbre la vie que les morts ont eue, on en profite pour se retrouver, penser à tout ça, penser aux autres. Et voir pour la dernière fois le corps de celui qu’on aimait tant mais qui importait moins que le travail. On était bien trop occupés pour en faire autant plus tôt. Si c’est bien la dernière journée de paix que je pourrais avoir avant d’aller six pieds sous terre, laissez-moi partir en paix. Il faut croire que la meilleure fête d’un homme n’arrive que quand il meurt.
- Bien sûr, voyons! Je me suis dit que je te le devais bien, après toutes ces années partagées avec toi.
- J’ai vu, la rue est pleine de voitures stationnées et de gens bien habillés. Et eux, qui sont-ils?
- Je les ai invités, pour souligner cet événement qui n’en est pas des plus réjouissants. C’est par signe de respect pour toi, je crois bien. Je tenais à ce que les gens qui comptent pour moi soient présents pour quelqu’un d’autant plus important à mes yeux.
- Ils sont nombreux! Mais comment se fait-il que je ne les ai pas vus plus tôt?
- Je ne sais pas, les circonstances ne l’ont pas permis. Ils ont des femmes, des maris, des enfants, des emplois…
- Ah bon, alors, s’ils ont trouvé le moyen de venir aujourd’hui, c’est qu’ils ont tous perdu leurs femmes, leurs maris, et leurs enfants en même temps?
- Mais non, et bien… comprends-tu, cette journée nous marque tous, bien plus que les autres. On a perdu quelqu’un de cher, ça va de soi qu’ils soient présents pour toi.
- Et ils se sentent bien? Je veux dire, ils ont tout ce qu’il faut? Boisson, nourriture… ça m’a l’air assez bien organisé, non?
- Oui oui, ne t’en fais pas, ils semblent être bien à l’aise, ils discutent entre eux, regarde-les, ils n’ont pas l’air si mal. Les tiens sont dévastés, par contre…
- Ils s’en remettront. Et elle, qui reste près de toi, c’est qui?
- Ah, elle, c’est ma copine. C’est depuis que je suis tout petit, depuis le primaire, que je la connais.
- Elle m’a l’air bien sympathique. Mais je ne savais pas que tu avais une copine. Comment se fait-il que tu ne me l’aies jamais présentée?
- Son travail est bien chargé, moi-même je n’ai pas l’occasion de la voir bien souvent. Elle travaillait en France, elle est une très bonne avocate. Elle n’avait même pas le temps pour un homme, tellement son travail la préoccupait! Mais toi, comment te sens-tu, maintenant?
- J’ose croire que je vais bien. Ma vie s’est écoulée, comme il se devait. Elle a fait son temps, et sa fin n’a pas été une surprise effrayante pour moi. J’apprécie encore en ce moment tout ce que j’ai eu la chance d’avoir, bien que je trouvais parfois que ce n’était pas assez. Comme tant de gens que je vais rencontrer là où je vais, tellement de choses se bousculent dans ma tête. Des choses que j’ai oublié de dire, des choses que j’aurais voulu faire… peu importe. J’ai bien vécu. On célèbre la vie que les morts ont eue, on en profite pour se retrouver, penser à tout ça, penser aux autres. Et voir pour la dernière fois le corps de celui qu’on aimait tant mais qui importait moins que le travail. On était bien trop occupés pour en faire autant plus tôt. Si c’est bien la dernière journée de paix que je pourrais avoir avant d’aller six pieds sous terre, laissez-moi partir en paix. Il faut croire que la meilleure fête d’un homme n’arrive que quand il meurt.
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