jeudi 28 mai 2009
À la pêche d'arc-en-ciels
J'ignore pourquoi je croyais autrefois que mon bien-être suffisait de mouvements olympiens et de rapidité, je fuiyais l'ennui en le manifestant par la course. Course à la vie, contre la vie, pour la conquérir de son côté le plus rose. J'ai pris le temps de m'arrêter, de reprendre un souffle sain, on m'a appris comment. J'ai goûté au calme, et la tranquilité a su offrir un très beau sourire. Je n'attend que cet instant, où mon corps s'éloignera du leurs, où je me repousserai pour me rapprocher des merveilles que mes yeux s'énervent de scruter. Tout filera, le paysage fuira sous mon regard que j'imagine déjà fasciné. Les roues sous moi et sous cette féraille iront là où la destination importe peu, mais elles parcoureront de belles distances, et m'offriront un film, long ou court métrage je ne sais pas, mais je m'empresse d'en faire les critiques. Tout défilera, le ciel semblera statique comme d'habitude, il ne formera qu'un avec ses subtils nuages, sous lequel la route sillonera le marathon le plus rapide et le plus élancé. Mais en face se trouve la merveille, à la hauteur de mon attention. La vue, aussi loin qu'elle s'étirera, fera sûrement l'objet de mes compliments. Je pourrai peut-être profiter de mon anonymat pour tester la naïveté et l'allure des résidents que je ne reverrai assurément (espérons-le) plus. Mais plus ardement, comme un besoin que j'affecte, je daigne trouver un lac, océan si mes pas l'atteignent, et m'arrêter devant lui, sur un beau rocher ou une confortable pelouse. Je veux le contempler, avoir l'impression que sa grandeur m'absorbe suffisamment pour que je ressente sa qualité paisible, si pacifique soit-elle. Enfin, de l'air frais, de l'air uniquement recyclé par les arbres, et non par d'autres comme moi, qui ont ressenti le besoin de lâchement offrir leur souffle engoissé aux arbres et de les salir en échange de paix à inhaler.
samedi 16 mai 2009
Chers,
Ces enfants comportent un coeur. Un coeur d'adulte dans un corps d'enfant, un coeur unique, un coeur semblable à tous ceux qui se doivent d'être respectés. Encore jeunes, ils prennent le temps de comprendre, prennent de l'avance sur ce que les autres perdront plus tard, eux, ils savent. Ils ne courent pas, si ce n'est que pour mieux vivre, mais ne courent pas, ils marchent pour mieux savoir marcher, eux ne trébucheront pas. Ils scrutent les centimètres au lieu de violemment survoler les kilomètres. Le temps les gratifie d'en faire bon usage, ces enfants le prennent, ce temps, pour comprendre, car l'on ne comprend qu'en suivant le bon rythme de l'horloge. Ils sont la fierté de ceux qui ont vu leur facette romantique, leur capacité à s'asseoir, s'asseoir et voir, voir pour entendre, entendre pour écouter, écouter pour que l'on sache à qui parler. Ils ne tomberont jamais à genoux, si ce n'est que devant leur propre travail, devant lequel les autres auront les rotules enfoncées dans le sol. Même s'ils ne créeront jamais de vague, ne dirigeront jamais de foules, et ne seront pas spécialement l'objet de grandes rumeurs. Leur coeur, à eux, restera toujours chaud, même sous la prise de mains froides, qui elles sont partout autour d'eux.
dimanche 10 mai 2009
Pénurie de cartes routières
Le souffle, le souffle, le souffle me manque, à vrai dire, j'en ai trop, trop, la lenteur m'offre du vent, elle me dit respire, tiens petite, respire, je veux que tu vives, petite. Je dis que l'incertitude s'emparre de moi, l'incertitude s'étend sur tout mon champ de vision, à vrai dire, je ne vois rien, le champ est vide, je voudrais tout voir, tout comprendre, l'incertitude me dit, ouvre tes yeux, petite. La voix, la voix, la parole me manque, à vrai dire je l'ai, j'ai entre mes mains tous les mots, toutes les phrases bien cuites, et là, elles me disent de tout cracher, crache tout, petite, mais je ne dis rien. Cette fois, je ne dis rien. Là où danse le vent, là où la vision mène au loin sur l'horizon, là où le silence reigne, j'ai vraiment peur d'être dans le champ. J'ai envie de frapper le vent par moments. Frapper le vide pour la vie qui s'y retrouve, et lui dire qu'elle est mal faite par épisodes.
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