Tout comme ça allait si bien, cette façon qu'avaient les fleurs de se mettre en valeur, elles tendaient si fièrement leur beauté vers le ciel qu'elles semblaient vouloir s'arracher du sol.
Cette façon que tout était si merveilleusement éclairé, cette façon qu'ils avaient tous, ces bonnes gens et gentes dames, de bien chanter. Tant d'élégance, costumes et coiffures semblaient superflus comparé à leurs beaux visages. Ils dansaient tous, tout s'emboîtait avec perfection, cette foule de belles personnes me rendait le sourire, je dansais avec eux. La puissance. Et sous le rose qui voyageait dans l'air de la pièce, sous cette trame sonore de bien-être, un couple s'est effondré. C'était le plus jeune, un de ceux-là, bien trop fragiles. Un couple dont les pas n'étaient pas stables, un couple mal choisi. Il n'y a pas eu qu'eux, tout s'est effondré, le rose est tombé au sol, les lumières ont cessé d'éblouir, le plus beau vase de fleurs s'est fracassé sur le plancher de danse. Tout tombait, tout pleuvait, les maquillages coulaient et les chapeaux fuyaient.
Mais je demeurais debout, rien ne m'atteignait, et cette étrange peur que le tout soit contagieux m'a enveloppé les pensées. Ce mal, ils se l'échangeaient à deux, ils le savaient présent et n'ont même pas cessé. Ils n'ont pas été forts, je les croyais ainsi, je les croyais bons danseurs. Pourquoi commencer si on prévoit déjà la fin? Comment se fait-il que leur fil à eux ait été si mince, pourquoi n'ont-ils rien vu venir, pourquoi n'y ont-il pas songé un instant? Je n'y ai pas songé non plus. Car pour moi, je n'en ressentais aucunement le besoin. Mais j'ignore pourquoi, je me tiens, je suis encore debout, avec force. Et tout s'écroule. Tout et tous.
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