lundi 30 mars 2009

Brise Froide, Marchisio dit "Je Parle"

Il neigeait, encore. Il faisait froid dans ce parc qui semblait plus vide qu'un désert. La différence avec le désert est que là, le sable était blanc. La pureté de cette neige couvrait parfaitement la lourde laideur et la saleté des rues qui s'y cachaient. Je ne trouvais rien d'autre à photographier que ce paysage absent de vie, il n'y avait rien. Je cherchais alors un endroit pour m'asseoir, mais tous les bancs étaient munis de leurs manteaux froids, alors je m'en passai.

Une petite chanson bourdonnant dans ma poche vint m'interrompre, ce bruit qui avait l'habitude de me dégoûter me laissait sans surprise. "Allô?", commençai-je. "Marchisio! Encore entrain de rêvasser? Qu'est-ce que tu fais? Ah... peu importe ce que tu fais... C'est pour aujourd'hui la photo! Il faut la publier dans le journal pour demain, absolument! Et si elle est bonne, je te donnerai le double de ce qu'elle vaut, mais dépêche-toi, je n'ai pas que ça à faire! Faut tout lui dire lui..." Je n'arrivais jamais à placer un mot dans les hurlements quotidiens de mon patron. Il avait l'air d'un bouledogue, mais maigre et avec une moustache. Il me promettait toujours des augmentations, mais ne m'en donnait jamais, même pas pour mes meilleures photos. C'est une de ses tactiques manipulatrices, mais je n'y ai jamais vraiment cru, les promesses ne promettent rien. Étant plus jeune, on me répétait souvent d'avoir confiance en personne, car ça pourrait devenir douloureux. Voilà, je ne m'attendais pas à grand chose de la part de cet égoïste riche aux as. Au bout du compte, aucune déception.

Je me mis alors à chercher quelque chose qui ferait l'objet d'une bonne photo, quand plongé dans mes pensées, j'aperçus ce garçon qui sautait à pieds joints sur le lac glacé, un peu plus loin. Il n'avait pas l'air d'avoir plus de onze ans. Son visage était rougi, non pas par le froid, mais par la colère et les larmes chaudes qui s'échappaient de ses yeux. Savait-il que sous lui se trouvaient plus de six mètres d'eau? Il sautait et sautait, sans arrêt. Il n'y avait personne autour de lui pour lui dire de s'en aller.

Soudain, un craquement immense se fit entendre. J'en étais finalement venu à la conclusion qu'il était venu faire autre chose que jouer au hockey. Il continuait de sauter, mais cette fois-ci, sur la plus grosse des fissures. Au bout de quelques secondes, la glace céda, laissant l'enfant complètement submergé sous les blocs de glace. Il n'a même pas crié. Specteteur stupide que j'étais, tellement j'étais figé, j'oubliai presque d'avoir ce réflexe qui amenait généralement une personne à se souvenir de vous toute sa vie, c'est-à-dire de la sauver. Je m'empressai d'aller le retirer de ce congélateur géant, mais il ne semblait pas apte à s'accrocher à ma main. Je plongeai alors mon bras complètement dans l'eau, je pouvais sentir mon coeur glacer. Le petit attrappa mon manteau, et m'entraîna avec lui. Sur le coup, je ne saisi pas pourquoi il avait commis ce geste.

C'était froid, beaucoup trop froid pour que je puisse me débattre de ce je-ne-sais-quoi qui m'empêchait de nager. Le garçon semblait satisfait et ne bougeait pas. Tout ce que je sais, c'est que le prochain photographe qui passera par ici sera sûrement mieux payé que moi.

vendredi 6 mars 2009

Dans la peau de quelqu'un d'autre

"Et si on se réveille n'importe où, à n'importe quel moment, est-il possible de se réveiller dans la peau de quelqu'un d'autre?"

Le film se déroulerait comme personne ne sait vraiment le décrire. Oublier qui on est, regarder tout ce qui nous entoure comme un nouveau-né le ferait. Se détacher de soi, pouvoir avoir un point de vue extérieur sur notre propre carcasse comme si on était cette mouche qui se dépose l'été sur notre main. Mener une autre vie, c'est le souhait de plusieurs, un souhait naïf. L'idéal serait en fait d'être le squelette d'un plus misérable que soi pour une journée, et on s'adorerait une fois qu'on se sera autocroisé dans la rue. On veut toujours plus, le remplissage d'esprit vide et innocent s'avère en rupture de stock. Mais se réveiller dans la peau d'un autre et se méconnaître, n'avoir aucune idée de l'avant et de l'après, ça annonce une étrange confusion et projète du même coup une motivation immense. Le livre est ouvert, les pages autrefois usées sont maintenant blanches, le chemin est libre. À travers le monde qui semblera nous envahir, rien ne se manifestera impossible, car on ne connaîtra rien de nos faiblesses, bien qu'on ne connait rien de nos forces. Le tout, malgré le sentiment de vivre dans une pause éternelle. Barrière levée à l'écrasement de la grandiosité, de l'asthénophobie. Changement de bobine.

mercredi 4 mars 2009

Mr. and Ms. Candle

Mr. and Ms. Candle were in love with each other.
Ms. Candle thought: "He's cute and tall",
and Mr. Candle knew she was beautiful and ideal.

Ms. Candle's wick was always on fire,
but Mr. Candle's never lit at all.
He used to smile when her cheeks turned to red,
and Ms. Candle wondered why he was born coloured.

"My wick burns for you", she said,
when Mr. Candle took her hand.
"And so does my heart", he said.
Ms. Candle approached,
and for the first time, their lips touched.

Finally, Mr. Candle's wick was on fire,
but it wasn't his desire.
He could not run,
he exploded, it was done.