jeudi 16 avril 2009
La fierté était absente
Une odeur de souillé rôdait. Ces effluves transportaient le constant mélange de sueur et de douleur, rejetées par un corps trop chaud, brûlant d’une rage qu’on ne peut vanter. Comme son porteur, ils rôdaient tels les résultats égarés de leurs actes, ne sachant pas vraiment quelle direction prendre. Ses plumes d'un noir de jais reflétaient la démence, elles étaient huileuses. La lumière qui les heurtait rehaussait le parfum abominable et laissait découvrir un reflet rouge visqueux. Il semblait couvert de sa propre douleur, comme si on venait d'extraire de lui le mal qu'on ne supportait pas qu'il traîne. Il était aussi misérable que la poussière autour de lui, qui tentait de retrouver son calme. Le vent l'apaisait et lui permettait de retrouver le sol. Ce vent léger tentait de le convaincre qu’il était bel et bien debout en se faufilant au travers de ses plumes, et cela suffisait pour le rassurer. Sa respiration était rapide, elle se manifestait à travers son torse plumé qui se bombait fortement et reprenait sa forme habituelle. Le tout au rythme du tictac. Il nettoyait ses plumes avec son bec foncé, en relevant la tête à chaque court instant, encore alerte et plein d'adrénaline. Il y en avait tellement à faire, il y en avait tellement à ignorer du côté du goût. À vrai dire, cela l’importait peu. Les quelques griffes qu'il venait d'encaisser, ces quelques coups l'avaient touché plus que physiquement. Il avait l'impression que le volume du son avait incroyablement diminué, le bruit devint absent, conséquence d'un corps autrefois trop en action. Ce phénomène d’après guerre le prenait à chaque interaction comme celle-ci, où toute l’énergie était concentrée devant lui à un tel point où le corps projetait que les tympans étaient une défense inutile. Que de tels actes soient sérieux le peinait, il aurait voulu s'en prendre autrement. Il avait le sentiment que juste pour lui, à cet instant précis, le monde s’était arrêté de tourner, le tout s’était transformé en pause. Il n'y avait plus que lui et ses pensées maintenant. Ses yeux étaient encore menaçants, attentifs à tout mouvement. Saignant comme il était, titubant comme un survivant, il observait son rival, qui ne bougeait plus.
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