mardi 14 avril 2009
Jayjay Vladimir
Jayjay Vladimir était un garnement chez qui la violence a souvent fait le tour de son esprit, il l'a parfois laissée sortir, mais s'est plus souvent forcé à la contenir. L'attitude impulsive est un gâchis de bonheur d'une inutilité inestimable, vaut mieux garder une belle face. De quoi avait-il l'air, il avait l'air de Dracula avec du style. Ses canines paraissaient plus que chez la bonne moyenne des citoyens. Mais il essayait de s'en servir que pour croquer ses lollipops, comme ceux que l'on trouve dans les grandes confiseries. Il avait des cheveux noirs, un beau noir tout de même. Oui, ça existe un noir laid, un noir pas très soigné, pas bien peigné. Ce qui le distinguait de Dracula, c'est plutôt par son style vestimentaire. Il avait les plus beaux souliers du quartier, seulement du quartier parce que le reste, il ne l'a jamais visité. S'habiller uniquement de noir ne l'excitait pas vraiment, il appréciait avoir quelques couleurs dans ses habits. Personne ne le provoquait vraiment, il ne cherchait pas de problèmes non plus, mais il n'a jamais su quels mots employer pour faire comprendre à quelqu'un qu'il est doté d'une poignée d'imbécilité. Lorsque le jour, tout le monde se baladait en ville telle une vague de caricatures qui coulait à flot, avec leurs sacs à mains pleins d'hypocrisie et leurs portefeuilles pleins tout court, il regardait, il observait. Rien de mieux que d'observer l'humanité. Il aimait joindre ses mains et pointer ses doigts pour que le tout forme un fusil, et s'imaginer quels êtres devraient recevoir la bonne nouvelle que le paradis les attend. Si Dieu devait se fier à lui, le 5/6 de la planète n'existerait plus. Mais il trouvait que quelques personnes semblaient belles, elles dégageaient un semblant d'intelligence et de bon contenu mental à travers leurs charmants visages. Et il attendait. Une fois que le ciel avait mis sa couverture sombre et que les étoiles s'étaient allumées, il sortait profiter de la brise fraîche, où la pluie venait rehausser l'odeur du gazon fraîchement coupé. Ça sentait bon, l'air était si frais le soir. Il mettait un pied sur l'étroite bordure du trottoir longeant l'herbe, et puis l'autre devant, et il marchait en ligne droite, s'équilibrant avec ses bras. Aller-retour, et puis on fixe le ciel. Quel film, un ciel bleu d'été frais, et vide de toute fumée des usines qui maintenant dormaient. Lui aussi, couché sur le gazon, s'était endormi, laissant champ libre à tous les beaux rêves que la réalité n'a jamais pris le temps de lui offrir.
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