lundi 12 janvier 2009

Quelque part pendant ma nuit

Ça commence par une fête. Une fête à l'occasion d'un motif inconnu, où on devait tous emmener une pâtisserie. Moi j'ai eu la meilleure idée. Je savais faire des plats vivants, n'importe quoi qui bouge et qui est mangeable. Alors, le mien serait fait en entier de crème glacée, à l'aspect d'un ourson. Cet ourson en polyester, on l'a pour de vrai, on l'a eu à 6 ans. Mais dans le rêve, j'avais peur de ce qu'allait devenir cet ours. Puisque tout le monde aime la crème glacée, je me suis dit qu'il serait vite parti et que je n'aurais rien à craindre. L'aspect inquiétant de ce dessert est qu'au début de sa conception, il est beau, petit, tout le monde veut lui faire des câlins, mais au fur et à mesure qu'il grandit et entre en contact avec des gens, une rage se fructifie dans sa tête, c'est la méchanceté incarnée et il devient aussi chiant que Gozilla. Alors, comme un apat innocent pour lequel toute affection m'était impensable, je l'ai emmené à la fête de l'inconnu.

Merde, tout le monde voulait lui faire des câlins. Cet être à qui je n'ai jamais pensé en faire moi-même.

Sur des 3 pieds 7, doux et chocolaté comme il était, je souhaitait juste qu'il se fasse dévorer. J'étais certaine qu'on se jetterait sur lui pour le manger, mais non. On le trouvait beau. Je sais même pas si les gens étaient au courant qu'il était mangeable et je stressais. Lorsqu'était venu le temps de rentrer chez moi, j'ai du le ramener. J'avais peur de lui, de ce qu'il allait devenir. Il me suivait, mais je le regardais même pas, je le tenais à l'écart. Je voulais même pas m'attacher à lui. Et ça commençait. Un pied plus grand; un peu plus rapproché de moi. Les rares passants dans la rue, celle devant chez moi, s'arrêtaient pour le voir, lui parler, le prendre dans leurs bras. Dire qu'il devait être mort, j'en tremblais. Je l'ai laissé à ses admirateurs, j'en ai profité pour courir et rentrer au plus vite. Je l'observais de loin, par la fenêtre de la porte d'entrée. Il avait l'air d'un enfant perdu, j'aimais pas le voir tourner autour et me chercher.

Et il grandissait; deux pieds de plus. Dieu sait qu'il poussait vite. Il pleurait et je voulais qu'il aille se perdre ailleurs. L'ourson devenait de plus en plus agressif, il criait et frappait une auto stationnée. Je ne voulais pas qu'il m'aperçoive dans la fenêtre car il se rappelerait de ma présence et se collerait à ma porte. Comme quand on jette un chat dehors, il ne part pas tant qu'il sait que vous êtes là. Mais ayant la chance d'avoir un jeune frère, il est venu coller son nez sur la vitre à ma place et croiser le regard du ravagé. Il s'est alors mis à courir vers la porte et la ruer de coups de poings. Je m'éloignai, je montai 3-4 marches. Plus il était fâché et agressif, plus il grandissait et devenait insupportablement violent. Lorsque les bruits sur la porte cessèrent, je regardai par la fenêtre. Merde, il était aussi grand qu'un foutu dinosaure. Un foutu ourson en peluche prêt à tuer. J'aurais souhaité qu'une auto le frappe étant petit, mais il les mettait maintenant en pièces et arrachait les arbres. Je voulais désormais qu'un hélicoptère fonce dedans et qu'il brûle. Et qu'ensuite Jésus l'innonde pour qu'il crève brûlé noyé.

Il voulait rentrer. Je ne savais pas pourquoi je le détestais à la base, mais lui le sentait malgré son esprit déconnecté. Lorsqu'il avait fait de ma rue un champ de guerre, je continuai de l'observer et d'avoir la chienne de sa tête. Il s'était alors rappelé de la raison de son vacarme, et il tourna ses yeux noirs vers moi. Encore une fois, j'aurais pas du me situer derrière la vitre, mais l'observer en une telle situation m'était inquiétemment captivant. C'était la peur de ma vie. Il s'est mis à courir vers moi, comme un dément. Je savais qu'il se ferait aussi énorme et de mauvaise foi, une bombe à l'apparence trompeuse, mais je l'ai quand même formé.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire